
La question à se poser en premier. Votre mur doit-il respirer ? Une maçonnerie ancienne en pierre ou en brique pleine évacue l'humidité par sa façade. L'enfermer sous un revêtement étanche piège l'eau dans le mur et provoque, à terme, salpêtre et décollements. Ce seul critère élimine parfois la moitié des options.
L'enduit : la solution de référence
C'est la finition la plus répandue en rénovation de façade, et la seule compatible avec une isolation par l'extérieur sous enduit mince. Deux familles, qui ne se comportent pas de la même façon.
L'enduit minéral
À base de chaux ou de ciment. Il laisse passer la vapeur d'eau, ce qui le rend adapté aux supports anciens, et offre un aspect mat qui vieillit bien. En contrepartie, il est plus rigide : il supporte mal les mouvements du support et peut microfissurer.
L'enduit organique
À base de résine. Plus souple, il accompagne les mouvements du bâti et résiste mieux à la fissuration ; la palette de teintes est aussi plus large et plus stable dans le temps. Sa perméabilité à la vapeur est en revanche inférieure : il convient aux supports modernes, beaucoup moins aux maçonneries anciennes.
Les aspects de finition
- Gratté : le plus courant, un grain régulier obtenu en grattant l'enduit tiré.
- Taloché : surface plus lisse et contemporaine, qui marque davantage les défauts du support.
- Écrasé : relief doux, très répandu en pavillonnaire, bon compromis d'entretien.
- Ribbé ou rustique : grain marqué, masque bien les irrégularités, mais retient plus les salissures.
Plus le relief est prononcé, plus la façade accroche poussières et mousses. Sur une façade nord ou bordée de végétation, un aspect lisse se salira moins vite.
La peinture de façade
Une peinture ne se justifie que sur un support déjà sain et plan : elle rafraîchit, elle ne rattrape pas. Les revêtements de façade sont classés selon leur capacité à traiter les fissures :
- D1 : peinture de décoration, sans fonction d'imperméabilisation.
- D2 : imperméabilisante, mais sans aptitude au pontage de fissures.
- D3 : imperméabilisante et capable de ponter les microfissures existantes.
C'est la solution la plus économique et la plus rapide à mettre en œuvre, mais aussi celle dont la durée de vie est la plus courte : comptez généralement dix à quinze ans avant une reprise, contre quinze à vingt pour un enduit.
Le faux calcul. Repeindre une façade qui présente des fissures actives ou un enduit qui sonne creux revient à masquer un problème structurel. Il ressortira en deux ou trois hivers, et il faudra payer deux fois : la peinture, puis la reprise qu'il aurait fallu faire d'emblée.
Les plaquettes de parement
Pierre reconstituée, brique fine, terre cuite : collées sur le support, elles apportent un relief et une matière qu'aucun enduit ne reproduit. On les utilise le plus souvent en habillage partiel (un soubassement, un pan de mur, un encadrement) plutôt que sur une façade entière, à la fois pour l'effet visuel et pour le budget.
C'est la finition la plus durable des trois, et la plus coûteuse. Elle demande un support parfaitement sain et une mise en œuvre soignée : un décollement de plaquette en hauteur n'est pas un défaut esthétique, c'est un risque.
Le bardage, quand la façade est trop dégradée
Bois, métal, composite : posé sur une ossature, le bardage ne dépend pas de l'état de surface du mur existant. Il devient pertinent lorsque le support est trop abîmé pour recevoir un enduit, ou quand on veut créer une lame d'air ventilée derrière le revêtement.
Il change radicalement l'aspect du bâtiment, ce qui suppose de vérifier ce qu'autorise le plan local d'urbanisme avant de s'engager.
Récapitulatif
| Finition | Budget | Durée de vie | À privilégier si… |
|---|---|---|---|
| Peinture | € | 10 à 15 ans | Le support est sain, il s'agit surtout de rafraîchir |
| Enduit | €€ | 15 à 20 ans | Rénovation complète, ou finition d'une ITE |
| Parement | €€€ | 30 ans et plus | Recherche d'un effet de matière, en habillage partiel |
| Bardage | €€€ | Selon le matériau | Support très dégradé, ou volonté de changer d'aspect |
Ces ordres de grandeur supposent une mise en œuvre correcte et un entretien normal. Sur une façade exposée aux vents dominants ou en bord de route, la fourchette basse est la plus réaliste.
Ce que le devis doit préciser. Au-delà du prix au mètre carré : la nature exacte du produit et son classement, l'aspect de finition retenu, le nombre de couches, la préparation du support prévue, et le traitement des points singuliers : appuis, encadrements, corniches. C'est là que se logent les écarts entre deux devis qui semblent comparables.